Bécherel du XIIe au XXIe siècle

La ville de Bécherel est passée du statut de place forte du Duché de Bretagne à celui de place textile sous l'ancien régime, sans perdre son aspect de ville close. La cité naît, dans les terres basses, autour d'un premier château en bois établi sur une motte féodale.

Après des années de conflits Bécherel, alors très convoitée pour sa position stratégique en direction du Nord de la Bretagne, se convertie peu à peu à l'industrie textile.

Entre le XVe et le XVIIIe siècle, la Bretagne compte parmi les plus grandes provinces toilières de France et produit la majeure partie des voiles de la marine européenne. Les conditions de vie s’améliorant, il faut désormais répondre aux demandes de la population pour l’habillement, la table ou le linge de lit. Les toiles de chanvre, plus grossières, servent à fabriquer des matelas, des sacs d’emballage ou des voiles. La toile de Bretagne s’exporte partout, notamment vers les colonies espagnoles et portugaises des Amériques.  Le développement de cette économie permet à la Bretagne de prospérer.

Le pays de Bécherel  participe activement à l’industrie des fibres textiles.
Bénéficiant d'un environnement propice à cette industrie: terres grasses et fertiles une vallée occupée par une succession d’étangs précieux pour le rouissage, des foires et marchés  pour écouler les fils de lin et de chanvre auprès des merciers rennais, lins et chanvres ont donc fait la fortune de Bécherel où se concentrent de nombreuses maisons et manoirs de marchands toiliers. Son fil de lin, le meilleur de Bretagne, a connu une renommée qui rayonnait dans toute l’Europe du Nord jusqu’en Russie.

A partir du XIXe siècle, les tisserands doivent faire face à une concurrence étrangère de plus en plus importante. Les Anglais développent la filature et le tissage mécanique, qui malgré les bas salaires bretons, sont nettement plus compétitifs. Au second empire, les paysans bretons abandonnent progressivement le travail du textile : le rempart du blocus continental imposé par Napoléon contre le commerce anglais et le succès grandissant du coton ne leur permettent plus d’obtenir les revenus de complément indispensables à maintenir leur niveau de vie.

La création de trois industries à Bécherel  amorce une relance industrielle après le déclin de l’activité linière et chanvrière. Une tannerie créée par la famille Jehanin s’installe en 1839, puis une galocherie et une usine de fabrication de matériel agricole. Bientôt, la tannerie se double d’une fabrique à galoches de bois. La crise de la tannerie qui suit la dernière guerre mondiale conduit à sa fermeture en 1960.

Créée en 1914, une laiterie est installée sur une propriété de deux hectares et demi à l’entrée de la ville. En 1950, la société commercialise ses produits sous la marque «Bécherel». Au début des années 60, la collecte par camions passe à une dizaine de millions de litres par an. L’usine emploie alors 150 salariés qui produisent lait, camembert, yaourts, fromages blancs, beurre… Elle a progressivement fermé entre 1963 et 1967.

Pour accompagner le développement de ces activités, les voies de communication se sont modernisées. L’apparition d’une voie de chemin de fer en 1897 et la création d’une ligne de tramways à vapeur entre Rennes et Bécherel (avec des gares à Romillé et Irodouër) ont contribué à l’essor industriel.

L'obtention du label «Petite Cité de Caractère de Bretagne» en 1978 permet la réalisation d'importants travaux de valorisation et une quinzaine de libraires, artisans d’art et artistes s'installent et redonnent vie au centre ancien.

Etymologie....
Bécherel :
vient, semble-t-il, du gaulois "bec" (pointe) et du suffixe breton "erel" signifiant sommet. 

En 1989, l’association Savenn Douar organise avec succès la première Fête du Livre.
Les libraires, bouquinistes et artisans d’art du livre se lancent dans l’aventure et Bécherel devient la première cité du Livre en France.
Ce projet tout à fait innovant (tant de librairies à la campagne!) et les animations mises en place attirent les amoureux du livre, des visiteurs curieux, des médias étonnés, touristes, familles.